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parachute de secours : Bons réflexes et entretien

On espère tous ne jamais avoir à s’en servir, mais le jour où tout bascule, c’est lui qui fait la différence. Le parachute de secours n’est pas qu’un simple accessoire. Il demande les bons réflexes pour rester efficace.

À quoi ça sert (vraiment) ?

Le secours est ton dernier recours lorsque ton aile n’est plus en état de vol (grosse cravate, collision, rupture de matériel) et que tu n’as plus assez de hauteur pour régler le problème. Son but n’est pas de te faire planer, mais de stabiliser ta chute pour que l’impact au sol soit « encaissable » par tes jambes et ton airbag.

parachute rond, parachute carré ou rogallo : Quelles différences ?

On distingue 3 types de parachutes de secours sur le marché. Chacun a ses propres avantages et inconvénients.

Les secours Hémisphériques (Ronds)

C’est le modèle classique, le plus économique.

  • Le principe : Un parachute en forme de parachute !
  • Le bémol : Ils ont tendance à « osciller » (effet pendulaire) pendant la descente. 

C’est la nouvelle norme qui a révolutionné la sécurité.

  • Les avantages : Ils sont beaucoup plus stables (quasiment pas d’effet pendulaire) et ont un taux de chute plus faible. Surtout, ils s’ouvrent généralement plus vite que les ronds.

  • Le bémol : Ils sont un peu plus complexes à plier (mais pas de panique, le manuel constructeur est là pour ça !).

  • L’avantage majeur : Une fois ouvert, tu peux le piloter pour éviter une ligne haute tension, une forêt ou des cailloux.

  • Le bémol : C’est le plus complexe à plier. Si tu ne le pilotes pas, il avance tout seul (vitesse horizontale), ce qui peut être dangereux si tu es près du relief.

Parachute de secours carré

Obligation ou simple conseil ?

  • En vol libre de loisir : Légalement, le secours n’est pas obligatoire en France pour un pilote solo.

  • Dans le cadre fédéral (FFVL) : Il est obligatoire pour toutes les activités encadrées (écoles, stages), pour les compétitions et pour le biplace.

Il est fréquent que les adeptes de paralpinisme s’interrogent sur l’emport du secours qui représente à la fois un certain volume et poids. Il t’appartient de choisir de le prendre ou non. Toutefois, même en conditions calmes, voler sans secours, c’est s’enlever factuellement une chance de survie. On ne sait jamais quand on en aura besoin. Certains pilotes se sentent à l’aise sans, certains n’oseraient imaginer voler sans.

Pourquoi faut-il l'aérer et le replier tous les ans ?

La FFVL recommande de replier et d’aérer ton secours au moins une fois par an. La recommandation tend même de plus en plus vers deux fois par an. Ce n’est pas pour t’occuper pendant l’hiver, mais pour des raisons techniques bien réelles :

  • L’électricité statique : À force d’être compressé dans ta sellette, le tissu (nylon) accumule de l’électricité statique. Les plis « collent » entre eux. Un secours qui n’a pas été ouvert depuis 3 ans peut mettre deux fois plus de temps à s’ouvrir.

  • Les élastiques « collants » : Les élastiques qui maintiennent tes suspentes vieillissent. Avec la chaleur et l’humidité, ils peuvent fondre ou devenir collants, empêchant la libération fluide des suspentes. Ils doivent être changés à chaque lovage de secours.

  • Le pliage « mémoire » : Le tissu finit par prendre la forme des plis. L’aérer permet de redonner de la souplesse au nylon pour qu’il se gonfle instantanément à la sortie du pod.

Un secours bien entretenu s’ouvre en environ 2 à 3 secondes. Un secours négligé peut mettre 6 à 8 secondes… et en parapente, 4 secondes de chute, c’est parfois la distance qui te sépare du sol.

Les sessions pliage du club

session pliage de secours
session pliage de secours
session pliage de secours

Pas besoin de paniquer devant ton tas de tissu ! Le club organise plusieurs fois par an des sessions de pliage collectives.

  • Pour les nouveaux : Un brief complet est organisé au début de chaque session pour expliquer les bons gestes (poignée, extraction, lancer).

  • L’esprit club : On s’entraide, on vérifie les montages des copains, et on apprend à connaître son matériel dans une ambiance sympa. Surveille le calendrier du club pour les prochaines dates !

Plier solo ou chez un pro ?

Deux options s’offrent à toi pour le repliage :

  • Le faire toi-même : C’est tout à fait possible et même recommandé pour bien connaître ton matos. Chaque constructeur met à disposition un manuel de pliage spécifique (souvent en PDF sur leur site). Il faut le suivre à la lettre, car un secours carré ne se plie pas comme un rond ou un dirigeable ! Tu es le seul responsable de ton pliage. Si tu as un doute, demande aux canards du club lors de nos sessions.
  • Faire appel à un pro : Si tu ne te sens pas serein, tu peux confier ton secours à un atelier (comme ceux de nos révisions groupées). Un pro te garantit un pliage aux normes et vérifiera l’installation dans ta sellette (longueur de sangle, sens de la poignée), ce qui est souvent là où se situent les erreurs.

L'automatisme qui sauve : La "Poignée Témoin"

Avoir un secours, c’est bien. Être capable de l’attraper en une fraction de seconde sans regarder sa sellette, c’est mieux. En situation d’urgence, avec la force centrifuge ou le stress, tu n’auras pas le temps de chercher où se trouve la poignée.

Intégrer l'emplacement

Selon ton matériel, ton secours peut être placé à deux endroits différents :

  • En sous-cutale (sous les fesses) ou latéral : C’est le montage le plus fréquent sur les sellettes classiques ou les cocons. La poignée est souvent sur le côté droit.

  • En ventral : Le secours est dans une poche devant toi, fixée aux maillons principaux. C’est souvent le cas pour les sellettes light ou les randos.

L'exercice à faire à chaque vol

Prends l’habitude, lors de chaque vol (quand la masse d’air est calme !), de faire une poignée témoin :

  1. Garde les commandes en mains (ou lâche-les si tu as de la hauteur).

  2. Va chercher ta poignée de secours avec ta main (généralement la droite).

  3. Touche-la fermement, sens sa forme, son emplacement exact, mais ne tire surtout pas !

  4. Recommence plusieurs fois pour créer un automatisme.

Le but : Que ta main sache exactement où aller sans que ton cerveau ait besoin de réfléchir. Le jour où tu en auras vraiment besoin, ton corps fera le geste tout seul.