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Faire sa Pré-vol : Le guide complet

La pré-vol est un processus de vérification systématique avant le décollage. De nombreux incidents au décollage sont évitables en respectant correctement les étapes. On t’explique comment structurer ta pré-vol pour décoller l’esprit serein.

Vérifie ta sellette et ton casque

Le 1er triangle de sécurité (cuissardes et pectorale)

  • Cuissardes : Vérifie-les visuellement ET touche-les. On doit sentir la sangle passer entre les jambes.
  • Pectorale : Elle maintient ton buste pour t’éviter de tomber trop en avant. Elle ne doit être ni trop serrée, ni trop lâche. Tu dois pouvoir être mobile pour faire un appui sellette sans gêne.

Le 2ème triangle de sécurité (casque et épaules)

  • Les épaules : Assure-toi que les bretelles sont bien en place et ne sont pas twistées.
  • Le Casque : On ne le répétera jamais assez, il doit être sur la tête ET clipsé. Une jugulaire ouverte rend le casque inutile en cas de choc.

    • Pour le vol libre, ton casque doit avoir la norme EN 966 6. Cette norme est obligatoire pour : 
      • L’utilisation en école,
      • En passager biplace
      • En competition
      • Pour toutes les obligations préfectorales (arrêté)
    • Si ton casque ne dispose pas de cette norme, il est possible qu’en cas d’accident ton assurance ne te couvre pas.

Le Parachute de Secours

Avant de décoller, tu dois t’assurer que ton secours est bien en place et ne risque pas d’entraver ton gonflage ou ta course d’élan. Rien ne doit entraver la sortie du pod. Plusieurs points sont à vérifier :

  • Les aiguilles : Vérifie que les tiges qui verrouillent le pod sont bien insérées dans leurs passants. Si elles sont à moitié sorties, le secours peut s’ouvrir.

  • La poignée : Elle doit être bien fixée. La poignée ne doit pas se balader. Ses extrémités doivent être dans ses emplacements prévus à cet effet.

L'Accélérateur : Souvent oublié

Un accélérateur non branché veut tout simplement dire que tu ne pourras pas l’utiliser. Par exemple, s’il s’avère que la brise à l’atterrissage s’est renforcée et qu’il n’est pas branché, tu n’atteindras peut-être pas le terrain. Si tu as installé tes élévateurs dans le mauvais sens, son usage peut être gêné. 

  • Vérifie qu’il ne passe pas sous ou autour d’une cuissarde. Si tu installes tes cuissardes en embarquant ton accélérateur, il sera inutilisable.

  • Un grand classique, la connexion à la voile : Les crocs de fente doivent être connectés pour permettre la bonne utilisation de l’accélérateur. Il est fréquent que l’accélérateur se déconnecte tout seul. Avant de prendre tes avants, vérifie que les fentes sont bien connectées.

  • Régler la garde : Le réglage de l’accélérateur dépend de plusieurs facteurs : l’emplacement des poulies sur ta sellette, ta morphologie (longueur de jambes), ta position en vol et le modèle de ton aile.

    • Le but est d’être en butée (poulies contre poulies) précisément lorsque tes jambes sont tendues sur le dernier barreau.

Connexion Sellette-Voile : Les points d'attention

  • Mousquetons : Vérifie qu’ils sont bien fermés.
    • Certains pilotes déconnectent systématiquement leur voile lors du pliage. D’autres installent leur secours en ventral sur les mousquetons.
    • S’ils sont à vis, la vis doit être bloquée. S’ils sont automatiques, assure-toi qu’ils ont bien « cliqué ».
    • En vol libre, la durée de vie d’un mousqueton est limitée. Le matériel fatigue et s’use à chaque vol, même en l’absence de chocs. Au-delà de 5 ans ou de 500 heures d’utilisation normale (hors acro), il représente un risque réel. Pour voler en toute sécurité, un renouvellement périodique est indispensable.  
  • Pas de tour de sellette : C’est classique quand on manipule sa voile au sol. Si ta sellette a fait un tour à l’intérieur des suspentes, tes élévateurs seront twistés.

  • Sens des élévateurs : Assure-toi d’avoir clippé des élévateurs dans le bon sens. Ton accélérateur doit être vers l’extérieur.

Demêler ses suspentes correctement

La clé et la cravate sont les ennemis de ton décollage. Pour les éviter, lorsque tu démêles tes suspentes : 

  • Saisis d’abord tes A, remonte visuellement les suspentes jusqu’à la voile. Rien ne doit croiser. Répète l’opération pour tes B, puis tes C.

  • Lorsque tu inspectes tes suspentes visuellement et lorsque tu gonfles, assure-toi que rien est coincé. Une petite brindille semblant innoffensive peut emmêler tes suspentes. 

  • Installe proprement ta voile et vérifie qu’aucune suspente n’est passée par-dessus l’extrados.

Mets-toi dans ta bulle et aligne tes chakras

Faire sa prévol, c’est aussi se préparer mentalement.

  1. Isole-toi : Une fois que tu commences ta prévol, entre dans ta « bulle ». Ce n’est pas le moment de discuter avec les copains ou les curieux au décollage. N’hésite pas à dire que tu as besoin de te concentrer pleinement sur ce que tu fais.

  2. La règle du « On recommence tout » : Si quelqu’un t’interrompt pendant que tu t’attaches (pour te demander quelque chose ou te dire bonjour), reprends TOUTE ta check-list depuis le début. La plupart des accidents de cuissardes oubliées arrivent après une distraction.

  3. Le dernier regard : Avant de décoller, fais un tour d’horizon à 360°. Personne en l’air ? A gauche, à droite ? Que dit la manche à air ? Ce simple réflexe évite une collision et une mauvaise décision.

Apprends par cœur une suite logique, par exemple : Casque -> Cuissardes -> Pectorale -> Secours -> Mousquetons -> Voile).